Un tiers de plaisir...
Ils nous ont appris à marcher, nous ne marcherons plus.
Ils nous ont appris à parler, nous ne parlerons plus.
Ils nous ont appris à vivre, nous ne vivrons plus.
Ils nous ont appris à devenir des Hommes, nous ne serons même plus des Hommes. Nous ne serons plus rien.
Assis dans l'aube, ils fumaient, contemplant le ciel noir qui dansait sur l'Angleterre. Et Pal récitait sa poésie. Caché dans la nuit, il se souvenait de son père.Sur la butte où ils se trouvaient, les mégots rougeoyaient dans l'obscurité: ils avaient pris l'habitude de venir fumer aux premières heures du matin. Ils fumaient pour se tenir compagnie, ils fumaient pour ne pas dépérir, ils fumaient pour ne pas oublier qu'ils étaient des Hommes."
Je vous recommande ce roman (premier de ce très jeune écrivain qui a fait le buzz en 2012 avec "La vérité sur l'affaire Harry Quebert")...pour son premier tiers!
En effet, l'auteur dévoile dans les 130 premières pages le fonctionnement du Special Operations Executives (SOE), branche des services secrets anglais qui a réellement existé, jouant un rôle très particulier auprès de nombreux résistants durant la seconde guerre mondiale. On y découvre les différents entraînements,techniques d'espionnage et toute l'organisation mise en place pour sécuriser ce dispositif de formation. Au travers d'un groupe aux profils multiples, il nous introduit de façon assez excitante et pointue dans cet univers conçu par Winston Churchill.Là où le bât blesse, c'est lorsqu'il quitte la réalité pour romancer les missions auxquelles sont ensuite confrontées les résistants du SOE, et leurs relations les uns aux autres. Les 300 pages suivantes, s'enchaînent à un rythme allant crescendo maladresses, approximations psychologiques, ellipses faciles,ficelles grossières ou manques de finesse dans les personnalités, jusqu'à des choix simplistes voire des niaiseries dignes d'un roman de gare. Quelle désolation, pour un sujet aussi poignant! Quel dommage, au regard de certaines réussites (des poèmes, intégrés au récit; des perceptions ponctuellement brillantes de sentiments intérieurs)! Quelle désolation après un début de roman très bien ficelé, haletant et historiquement enrichissant!
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