A vos livres,... lisez, ...partagez!

L'idée de ce blog m'est venue à la suite d'une discussion enthousiasmante avec des proches, autour de nos dernières lectures.
J'ai fait le constat que je partageais cette même passion des livres et du partage des émotions qu'ils avaient suscitées avec une poignée de personnes d'univers très différents, rencontrées lors d'occasions plus ou moins fréquentes, mais dont les sentiments et conseils de lectrice m'étaient tous chers.
Laurel,Catherine, Cécile, Corinne, Jo, c'est à vous que je destine ce blog, qui se veut le modeste "trait d'union" entre ces amies de coeur: un lieu de sincères rencontres et d'humbles partages de lecture.
Alors à vos livres,...lisez!...partagez!
Marine

samedi 26 décembre 2015

Les douze tribus d'Hattie, d'Ayana Mathis


Un éblouissant puzzle!

Incipit:
"Philadelphia et Jubilee, 1925

-Philadelphia et Jubilee! s'écria Auguste quand Hattie lui dit comment elle voulait appeler ses jumeaux. Tu vas quand même pas donner des noms bizarres comme ça à tes bébés!
Si la mère d'Hattie avait été encore de ce monde, elle aurait été du même avis qu'August. Elle aurait dit qu'Hattie avait choisi des noms vulgaires; "inélégants et prétentieux", voilà ce qu'elle aurait dit. Mais elle n'était plus là, et Hattie voulait pour ses bébés des noms qui ne fussent pas déjà gravés sur la pierre d'une tombe familiale dans un cimetière, quelque part en Géorgie, alors elle leur donna à chacun un nom de promesse et d'espoir, un nom tourné vers l'avenir et pas vers le passé."

samedi 19 décembre 2015

Profession du père, de Sorj Chalandon


"En finir avec une douleur d'enfance"*

Incipit
"Recueillement 
(samedi 23 avril 2011)
Nous n'étions que nous, ma mère et moi. Lorsque le cercueil de mon père est entré dans la pièce posé sur un chariot, j'ai pensé à une desserte de restaurant. Les croques-morts étaient trois. Visages gris, vestes noires, cravates mal nouées, pantalons trop courts, chaussettes blanches et chaussures molles. Ni dignes, ni graves, ils ne savaient que faire de leur regard et de leurs mains. J'ai chassé un sourire. Mon père allait être congédié par des videurs de boîte de nuit.
Il pleuvait. le crématorium, le parc, des arbres de circonstances, des fleurs tombales, un jardin de cimetière bordant une pièce d'eau. Tout empestait le souvenir."

lundi 14 décembre 2015

D'après une histoire vraie (Delphine de Vignan)

Je me réjouissais de retrouver Delphine de Vigan dont l'avant dernier roman (Rien ne s'oppose à la nuit ) restait l'un des romans les plus marquants de mes lectures de 2013. Mais voilà ce qui arrive quand on en attend trop...il y a fort à parier que l'on soit déçu !

dimanche 13 décembre 2015

Purge, de Sofi Oksanen.

Une histoire déroutante à l'écriture singulière.


"1992, Estonie occidentale.
C'est toujours la mouche qui gagne.

Aliide Truu fixait une mouche du regard et la mouche la fixait aussi. Elle avait des yeux globuleux et Aliide en avait la nausée. Une mouche à viande. Exceptionnellement grosse, bruyante, et qui ne demandait qu'à pondre. Elle guettait pour aller dans la cuisine et se frottait les ailes et les pattes, sur le rideau de la chambre, comme si elle s'apprêtait à passer à table. Elle était en quête de viande, de viande et de rien d'autre. Les confitures et autres conserves ne craignaient rien, mais la viande...La porte de la cuisine était fermée. La mouche attendait. Elle attendait qu'Aliide se lasse de la traquer dans la chambre et qu'elle sorte, qu'elle ouvre la porte de la cuisine. La tapette fouetta le rideau de la chambre. Le rideau ondula, chiffonnant les fleurs de dentelle et dévoilant furtivement les oeillets d'hiver derrière la fenêtre, mais la mouche se déroba et alla déambuler sur la vitre à une bonne distance au dessus de la tête d'Aliide. Du calme! Elle en avait besoin, maintenant, pour garder la main ferme." 

[avertissement: il ne s'agit pas d'une histoire de mouche!]


vendredi 11 décembre 2015

Les derniers jours de nos pères, de Joël Dicker

Un tiers de plaisir...

Incipit: "Que tous les pères du monde, sur le point de nous quitter, sachent combien sans eux notre péril sera grand.
Ils nous ont appris à marcher, nous ne marcherons plus.
Ils nous ont appris à parler, nous ne parlerons plus.
Ils nous ont appris à vivre, nous ne vivrons plus.
Ils nous ont appris à devenir des Hommes, nous ne serons même plus des Hommes. Nous ne serons plus rien.


Assis dans l'aube, ils fumaient, contemplant le ciel noir qui dansait sur l'Angleterre. Et Pal récitait sa poésie. Caché dans la nuit, il se souvenait de son père.Sur la butte où ils se trouvaient, les mégots rougeoyaient dans l'obscurité: ils avaient pris l'habitude de venir fumer aux premières heures du matin. Ils fumaient pour se tenir compagnie, ils fumaient pour ne pas dépérir, ils fumaient pour ne pas oublier qu'ils étaient des Hommes."

Je vous recommande ce roman (premier de ce très jeune écrivain qui a fait le buzz en 2012 avec "La vérité sur l'affaire Harry Quebert")...pour son premier tiers! 

samedi 5 décembre 2015

Le sourire étrusque, de José Luis Sampedro

Mon ENORME coup de coeur!  

Incipit:
" Dans le musée romain de la Villa Giulia,le gardien de la section Cinq continue sa ronde. L'été maintenant terminé, les troupeaux de touristes ont déserté et la surveillance redevient ennuyeuse; mais aujourd'hui un visiteur l'intrigue et il revient vers la petite salle des Epoux avec une curiosité croissante. "Est-ce qu'il sera encore là?", se demande t-il en accélérant le pas jusqu'à la porte.
Il est là. Il est toujours là, sur le banc en face du grand sarcophage étrusque en terre cuite, ce joyau du musée, exposé comme dans un écrin, au centre sous la voûte de la petite salle tapissée d'ocre pour imiter la crypte d'origine.
Oui, il est là. Immobile depuis une demi-heure, comme s'il était lui aussi une statue desséchée par le feu et les siècles. Le chapeau marron et le visage tanné composent un buste d'argile qui émerge de la chemise blanche sans cravate, à la façon des vieux de là-bas, dans les montagnes du sud, l'Apulie, ou plutôt, la Calabre."


J'ai découvert ce magnifique roman grâce à Catherine, qui me l'a présenté comme l'une de ses plus belles lectures...et je suis à mon tour tombée sous le charme de ce vieux calabrais bourru, contraint de quitter son village natal pour venir se faire soigner à Milan chez son fils, lui même père depuis peu...