ENORME bouquin, au propre (976 pages!) et au figuré!
Alléchée par sa quatrième de couverture il y a un an ou deux, j'ai entamé la lecture de ce roman l'hiver dernier, le reposant à diverses périodes faute de temps et parfois d'envie (le récit est extrêmement détaillé, j'ai mis du temps à saisir le cap de l'auteur et en percevoir l'intérêt final), pour l'embarquer cet été en vacances dans l'intention de le poursuivre (sentant tout de même qu'il s'agissait là d'une oeuvre peu commune).
Un peu "essoufflée" par moments, par ce récit au long cours, je l'ai entrecoupé d'autres lectures jusqu'à sa moitié environ, où je ne l'ai plus lâché, dévorant comme un sprint final ses 300 dernières pages!
Pardon de cette longue introduction, j'en viens à la nature de l'histoire: frère jumeau de Thomas qui est interné en hôpital psychiatrique à l'âge de 24 ans pour s'être auto mutilé publiquement en protestation contre la guerre du Koweit, Dominick cherche à comprendre et protéger son frère par tous les moyens. Il se remémore scrupuleusement leur passé d'enfants illégitimes, maltraités par leur beau-père; et tente de décrypter leur histoire familiale auprès d'une thérapeute, dans l'objectif de comprendre la folie de son frère et exorciser ses propres peurs et stigmates.
J'ai beaucoup aimé la profusion des histoires relatées sur plusieurs générations, leurs imbrications et conséquences plus ou moins conscientes sur chacun des protagonistes [j'avoue là mon point faible pour l'approche psycho généalogique, déjà savourée dans Lignes de failles, Le secret, Magnus,...], la démarche de "fouille" du héro, son autocritique courageuse et exhaustive, ses atermoiements et failles, les sentiments ambivalents qu'il assume ressentir, ainsi que, cerise sur le gâteau, la place "inespérable" (!) de témoin de sa psychothérapie que l'auteur nous offre.
Comment Wally Lamb a -t- il construit une telle somme de vies et faits, qui se tiennent et qui nous prennent reste un mystère pour moi, mais une chose est sûre, je vais poursuivre la découverte de son oeuvre.
A lire absolument, donc,...et jusqu'au bout!
PS en cherchant une image pour illustrer cet article, je suis tombée sur la version originale, dont le titre et l'image sont autrement plus adéquats que les versions françaises!

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