
"Combien de personnes successives, contradictoires, opposées,
inconciliables abritons nous en nous même?" O.A.
[pas touche à ] MON CHOUCHOU!
Voilà 15 jours déjà que j'ai reçu en cadeau de (2éme) Noël le dernier roman d'Olivier Adam, 10 que j'ai achevé sa lecture et presque autant que je tourne autour de cet article... je dois vous faire une confidence: je crois que J'AIME TROP Olivier Adam pour parvenir à vous en parler!
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Plus exactement, je l'aime LUI! J'ai lu presque tous ses romans, je suis surtout fan des derniers, (Des vents contraires, Le coeur régulier, Les lisières, Peine perdue), plutôt déroutée par les premiers, mais au delà de ses écrits je suis profondément touchée par l'homme qui suinte de tous ces mots. Et ce "trouble" à son sujet me bloque plus qu'il ne m'encourage à vous l'évoquer ... plutôt curieux, alors que ce blog est né de mon envie de partager mes coups de coeur littéraires! (personnellement, j'y vois le même mécanisme que lorsque j'apprécie beaucoup quelqu'un: il m'est douloureux qu'un proche ne partage pas mon engouement avec autant d'intensité. C'est sans doute idiot, ...mais je suis ainsi)
Olivier Adam, donc, me touche infiniment, sans que je sois en mesure d'en décrire ou analyser toutes les raisons (ce qui vous fais un belle jambe, comme on dit, à vous venus chercher un avis critique un tant soit peu étayé!): sa sensibilité me "parle" intimement, mélange d'émotions à fleur de peau et de force brute, de puissance authentique, de fêlures non feintes, de désespérance et d'énergie vitale.C'est à chaque fois un choc émotionnel. Il a pour moi l'art de créer des êtres vulnérables qui se cherchent, tentent d'avancer ou juste tenir debout, malmenés par la vie ou par leurs propres pulsions de vie; il a alors le rare talent de donner le sentiment qu'il s'est arraché le coeur et la tête pour nous les offrir, encore palpitants, en mettant à nu des éclats de sentiments, fragments de sensations et cheminements intérieurs.
En quatrième de couverture de La renverse, il est (entre autres) indiqué qu' Olivier Adam y "retrace l'itinéraire d'Antoine, dont la vie s'est jusqu'à présente écrite à l'ombre du scandale public qui a éclaboussé sa famille lorsqu'il était encore adolescent". C'est lui le narrateur dont nous suivons les souvenirs douloureux et la magistrale introspection. Lui qui n'a pas cru vaciller adolescent et qui découvre le voile que son enfance troublée a posé sur l'homme qu'il est devenu, ainsi que les liens ténus qui le retiennent encore à son passé. L'histoire, inspirée de plusieurs faits-divers, évoque les victimes collatérales d'un scandale médiatisé et le parcours d'un jeune homme qui réalise combien sa personnalité et son devenir sont encore empêtrés dans toute cette affaire.
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Plus exactement, je l'aime LUI! J'ai lu presque tous ses romans, je suis surtout fan des derniers, (Des vents contraires, Le coeur régulier, Les lisières, Peine perdue), plutôt déroutée par les premiers, mais au delà de ses écrits je suis profondément touchée par l'homme qui suinte de tous ces mots. Et ce "trouble" à son sujet me bloque plus qu'il ne m'encourage à vous l'évoquer ... plutôt curieux, alors que ce blog est né de mon envie de partager mes coups de coeur littéraires! (personnellement, j'y vois le même mécanisme que lorsque j'apprécie beaucoup quelqu'un: il m'est douloureux qu'un proche ne partage pas mon engouement avec autant d'intensité. C'est sans doute idiot, ...mais je suis ainsi)
Olivier Adam, donc, me touche infiniment, sans que je sois en mesure d'en décrire ou analyser toutes les raisons (ce qui vous fais un belle jambe, comme on dit, à vous venus chercher un avis critique un tant soit peu étayé!): sa sensibilité me "parle" intimement, mélange d'émotions à fleur de peau et de force brute, de puissance authentique, de fêlures non feintes, de désespérance et d'énergie vitale.C'est à chaque fois un choc émotionnel. Il a pour moi l'art de créer des êtres vulnérables qui se cherchent, tentent d'avancer ou juste tenir debout, malmenés par la vie ou par leurs propres pulsions de vie; il a alors le rare talent de donner le sentiment qu'il s'est arraché le coeur et la tête pour nous les offrir, encore palpitants, en mettant à nu des éclats de sentiments, fragments de sensations et cheminements intérieurs.
En quatrième de couverture de La renverse, il est (entre autres) indiqué qu' Olivier Adam y "retrace l'itinéraire d'Antoine, dont la vie s'est jusqu'à présente écrite à l'ombre du scandale public qui a éclaboussé sa famille lorsqu'il était encore adolescent". C'est lui le narrateur dont nous suivons les souvenirs douloureux et la magistrale introspection. Lui qui n'a pas cru vaciller adolescent et qui découvre le voile que son enfance troublée a posé sur l'homme qu'il est devenu, ainsi que les liens ténus qui le retiennent encore à son passé. L'histoire, inspirée de plusieurs faits-divers, évoque les victimes collatérales d'un scandale médiatisé et le parcours d'un jeune homme qui réalise combien sa personnalité et son devenir sont encore empêtrés dans toute cette affaire.
Incipit
"J'ai pris le sentier longeant les falaises. Quelques fleurs de bruyère résistaient encore, parmi les premiers ajoncs et les restes de fougères brûlées par le froid. Je suis resté un moment là-haut, le temps de griller les cigarettes qui me faisaient office de petit déjeuner, de m'emplir les poumons de goudron et d'iode congelé. Tout était parfaitement figé dans la lumière acidulée du matin. Au loin, un kayak glissait sur les eaux tout à fait lisses, d'un bleu tendre de givre, semées d'îlots où somnolaient des cormorans frigorifiés, luisants et noirs, comme recouverts de pétrole. J'ai regardé l'heure. Jacques était pointilleux sur la question. J'avais beau lui répéter qu'à cette période de l'année il n'était pas rare que personne ne passe le seuil de la librairie de la journée, il n'en démordait pas. On ne savait jamais. Il y avait toujours un petit vieux pour se pointer dès l'ouverture, et il connaissait ce genre d'énergumène, l'oeil rivé à la montre et toujours prompt à se plaindre du temps perdu, bien qu'en disposant par camions-bennes."
extraits
"J'étais dans ce registre maladivement empathique, névrotiquement compassionnel. Mais tout à fait imperméable à tout ce qui touchait ma propre vie. Je demeurais à la surface. Je n'avais pas trente ans et je vivais seul ou à peu près, dans le giron du vent, du ciel et de la mer. J'avais parfois la sensation que ce grand désert liquide, ces étendues me prolongeaient. Qu'entre elles et moi tout circulait sans accrocs, se confondait. Un jour Chloé m'avais dit: c'est drôle, je suis venue vers toi parce que tu étais là. Parce que j'avais besoin de quelqu'un à cet instant précis. Et il a fallu que je tombe sur un type qui n'était pas là. Mais ça va. Pour l'instant ça va. Je ne te demande rien de plus. Tu es comme la mer. Une présence opaque et silencieuse.[...]
"Tout cela me parvenait comme la confirmation de soupçons que je n'avais jamais vraiment eu conscience de nourrir, mais qui s'étaient développés malgré moi dans mon cerveau, et n'attendaient qu'un signal pour prendre toute la place et s'imposer comme des certitudes.[...] Je suppose que pendant tout le temps qui a précédé je me suis échiné à nier mes intuitions, à glisser mes doutes sous un tapis de déni volontaire. Qu'il s'est agi là d'une véritable lutte, d'un combat intérieur aussi acharné qu'épuisant. Et que m'abandonner à la vérité, si douloureuse était-elle, constitua une forme de délivrance."
PS c'est grâce à ma cousine Cécile que j'ai découvert cet écrivain français, de notre génération à toute deux. C'était sur "notre" plage de La Calanque, lors du traditionnel séjour espagnol de la tribu Fert, et à ma question rituelle ("t'as lu quoi cette année?") elle a soupiré quelque chose comme "rien de mémorable",avant d'ajouter d'un air d'évidence "enfin à part le dernier Olivier Adam!". Soit donc ici officiellement remerciée, chère cousine, de cette rencontre littéraire!
extraits
"J'étais dans ce registre maladivement empathique, névrotiquement compassionnel. Mais tout à fait imperméable à tout ce qui touchait ma propre vie. Je demeurais à la surface. Je n'avais pas trente ans et je vivais seul ou à peu près, dans le giron du vent, du ciel et de la mer. J'avais parfois la sensation que ce grand désert liquide, ces étendues me prolongeaient. Qu'entre elles et moi tout circulait sans accrocs, se confondait. Un jour Chloé m'avais dit: c'est drôle, je suis venue vers toi parce que tu étais là. Parce que j'avais besoin de quelqu'un à cet instant précis. Et il a fallu que je tombe sur un type qui n'était pas là. Mais ça va. Pour l'instant ça va. Je ne te demande rien de plus. Tu es comme la mer. Une présence opaque et silencieuse.[...]
"Tout cela me parvenait comme la confirmation de soupçons que je n'avais jamais vraiment eu conscience de nourrir, mais qui s'étaient développés malgré moi dans mon cerveau, et n'attendaient qu'un signal pour prendre toute la place et s'imposer comme des certitudes.[...] Je suppose que pendant tout le temps qui a précédé je me suis échiné à nier mes intuitions, à glisser mes doutes sous un tapis de déni volontaire. Qu'il s'est agi là d'une véritable lutte, d'un combat intérieur aussi acharné qu'épuisant. Et que m'abandonner à la vérité, si douloureuse était-elle, constitua une forme de délivrance."
PS c'est grâce à ma cousine Cécile que j'ai découvert cet écrivain français, de notre génération à toute deux. C'était sur "notre" plage de La Calanque, lors du traditionnel séjour espagnol de la tribu Fert, et à ma question rituelle ("t'as lu quoi cette année?") elle a soupiré quelque chose comme "rien de mémorable",avant d'ajouter d'un air d'évidence "enfin à part le dernier Olivier Adam!". Soit donc ici officiellement remerciée, chère cousine, de cette rencontre littéraire!
Merci pour ce clin d'oeil Marine !
RépondreSupprimerJe ne l'ai même pas encore acheté mais je compte bien le lire prochainement.
ah bah quand même!!!)))
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